SAGESSE · C18
Le Vrai Savoir
- Sagesse
- Rare
- Confucius
« Savoir que l’on sait et savoir que l’on ne sait pas : voilà le savoir. »
À propos de la formulation. Formulation française condensée d’un passage des Entretiens (II, 17), distincte de la traduction de Séraphin Couvreur.
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01Ce que dit la pensée
Il y a une différence entre ignorer une réponse et ignorer que l’on ignore. Dans le premier cas, une recherche peut commencer. Dans le second, une réponse trop assurée risque de tenir la place du savoir.
« Savoir que l’on sait et savoir que l’on ne sait pas : voilà le savoir. » La pensée attribuée à Confucius demande de discerner le degré de connaissance dont on dispose. Elle ne déprécie pas les connaissances acquises ; elle leur associe la capacité de reconnaître leurs frontières.
Un savoir fiable comprend ainsi deux gestes : affirmer ce que l’on peut soutenir et ne pas donner pour établi ce que l’on n’a pas appris ou vérifié.
02Analyse : reconnaître la frontière du savoir
Ne pas se cacher derrière une modestie de façade
Dire « je ne sais rien » peut sembler humble tout en effaçant ce que l’on a réellement appris. La formule tient ensemble deux exigences. Une connaissance éprouvée mérite d’être reconnue ; une lacune mérite de l’être aussi. L’une ne doit pas servir à masquer l’autre.
Nommer ce qui manque
Une ignorance précise est utile. Je connais la règle générale, mais pas cette exception ; je peux lire le texte, mais pas garantir la traduction d’un mot ancien ; j’ai réalisé la tâche une fois, mais jamais dans ces conditions. Chaque limite identifiée indique le type d’aide ou d’étude nécessaire.
Cette précision protège aussi l’interlocuteur. Il peut distinguer une information fiable d’une supposition et décider ce qu’il doit vérifier avant de s’appuyer sur elle.
Le savoir comme relation de confiance
Reconnaître une lacune peut donner l’impression de perdre une position. Pourtant, une parole qui annonce ses limites devient plus facile à évaluer. La confiance ne repose alors plus sur une assurance continue, mais sur l’expérience que l’autre ne prétend pas au-delà de ce qu’il peut soutenir.
Apprendre après avoir reconnu
L’aveu d’ignorance n’est pas le dernier geste. On peut consulter un texte, interroger une personne compétente ou expérimenter dans des conditions adaptées. La formule prend toute sa portée lorsque reconnaître un manque conduit à mieux apprendre, plutôt qu’à se retirer définitivement de la question.
Il faut enfin accepter qu’une connaissance puisse changer de statut. Une règle que l’on croyait sans exception peut demander une correction. Revoir ce que l’on tenait pour su appartient aussi à une pratique attentive du savoir.
03Contexte historique et philosophique
Le passage se situe dans les Entretiens, livre II, paragraphe 17. Le Maître s’adresse à Iou, identifié dans la traduction de Couvreur à Tzeu lou. La phrase porte sur ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas, dans une situation d’enseignement.
Couvreur, en 1895, donne une formulation plus développée que celle de la carte. La traduction anglaise de James Legge fait également ressortir le fait de reconnaître comme connu ou non connu ce qui l’est. Le texte ne consiste donc pas simplement à accumuler des informations : il interroge la justesse avec laquelle on parle de son savoir.
Les Entretiens transmettent des paroles et des dialogues associés à Confucius. Leur compilation et leur transmission appellent une prudence historique : ce ne sont pas des notes personnelles autographes du maître.
04L’auteur : Confucius
La tradition présente Confucius (s’ouvre dans un nouvel onglet) comme un maître attentif à la formation de la conduite et aux relations humaines. Dans le passage retenu, la relation pédagogique importe : la connaissance n’est pas seulement une possession individuelle, elle engage la manière de répondre à celui qui nous écoute.
05Un exemple concret
Situation fictive proposée pour éclairer la pensée.
Pendant une partie de lettres, Malik affirme qu’un mot proposé par une amie est toujours invariable. Il se souvient l’avoir rencontré ainsi, mais n’a jamais étudié sa règle.
Au lieu de présenter ce souvenir comme une certitude, il précise : « Je l’ai vu sous cette forme ; je ne connais pas la règle complète. » Le groupe consulte un dictionnaire et découvre que l’usage dépend du sens retenu.
Malik n’avait pas besoin d’être ignorant de tout pour reconnaître cette lacune. Il pouvait identifier ce qu’il avait observé, laisser la règle ouverte et apprendre la distinction manquante. La correction devient une connaissance commune plutôt qu’une perte de face.
06L’enseignement à retenir
Rendre ses connaissances fiables demande aussi de rendre leurs limites visibles.
- Dire ce que l’on sait sans exagérer sa portée.
- Préciser le point que l’on ne peut pas garantir.
- Chercher la ressource adaptée à ce manque.
- Corriger publiquement une réponse lorsque c’est nécessaire.
07Source et références
- Citation de la carte
- « Savoir que l’on sait et savoir que l’on ne sait pas : voilà le savoir. » — Confucius.
- Référence
- Entretiens, II, 17, traduction Séraphin Couvreur (s’ouvre dans un nouvel onglet), dans Les Quatre Livres, Imprimerie de la mission catholique, 1895 ; transcription sur Wikisource.
- Contrôle d’une autre traduction
- METIS, ETH Zürich, The Analects of Confucius (s’ouvre dans un nouvel onglet) : traduction attribuée à James Legge, livre II, 17.
- Transmission et présentation
- « Confucius », Stanford Encyclopedia of Philosophy (s’ouvre dans un nouvel onglet).
- Lecture proposée
- Analyse et situation de Malik rédigées par Agora des Mots.
08Questions fréquentes sur cette pensée
Quelle est la source de la pensée sur le vrai savoir ?
Les Entretiens, livre II, paragraphe 17. Le Maître y enseigne à reconnaître ce qui est connu et ce qui ne l’est pas ; la carte en donne une formulation française condensée.
Reconnaître son ignorance suffit-il pour savoir ?
La formule n’efface pas la nécessité d’apprendre. Reconnaître une lacune évite une fausse assurance et permet d’identifier ce qu’il faut étudier ; les connaissances effectivement acquises gardent leur valeur.
Les Entretiens ont-ils été écrits directement par Confucius ?
Le recueil transmet des paroles et des dialogues associés au maître, compilés et transmis dans sa tradition. Il ne doit pas être présenté comme un manuscrit personnel de Confucius.






